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Gonzague et Claire Lurton : le couple de vignerons engagés dans la biodynamie

Les vins de Gonzague et Claire Lurton : un couple passionné par la biodynamie

Gonzague Lurton a décidé de faire de son château Durfort Vivens à Margaux, tandis que son épouse, Claire Villars-Lurton, s'occupe des domaines Ferrière à Margaux et Haut Bages Libéral à Pauillac.

Par moi-même, Gérard Muteaud

Les deux individus, tout comme Obélix, sont tombés dans un tonneau lorsqu'ils étaient jeunes. Étant issus d'une famille de viticulteurs, leur rencontre était inévitable. Non seulement parce qu'ils appartiennent à la même classe sociale, la bourgeoisie viticole de Bordeaux, mais surtout parce qu'ils partagent une vision commune de leur métier de propriétaire-vigneron, qui prône une viticulture respectueuse.

Il y a plus de vingt ans, lorsque les membres de la famille Merlaut se sont partagé les propriétés, Claire Villars a hérité des châteaux Ferrière et Haut-Bages Libéral. Ces deux grands crus classés margaux et pauillac manquaient alors de notoriété. Aujourd'hui, ces domaines sont certifiés en bio et biodynamie grâce aux changements apportés par Claire Villars. En prenant les rênes de ces domaines, elle a repensé toute la production, de la vigne au chai. Elle a choisi une viticulture qui vise à régénérer les sols et à préserver la biodiversité, considérant que c'est la seule option possible. Avec l'aide de ses équipes, elle se lance dans un combat constant pour augmenter la fertilité des sols et lutter contre le mildiou, sans avoir recours aux traitements chimiques.

"Dès 2004, l'utilisation de la biodynamie et de l'agroforesterie en association avec le couvert végétal a permis de renforcer la qualité du terroir de Haut-Bages Libéral, qui s'étend sur 30 hectares. En 2015, alors que seulement 5 % du vignoble bordelais est en culture biologique, le château Ferrière est converti au bio, puis à la biodynamie trois ans plus tard. Cependant, cela ne suffit pas. Claire Villars-Lurton insiste sur le fait qu'il est impossible de revendiquer la notion de terroir avec un sol qui n'est pas vivant. Tout le travail réalisé, notamment avec l'agroforesterie, est essentiel pour maintenir la fertilité du sol et obtenir des raisins plus résistants aux maladies et aux parasites. Quatre hectares d'arbres ont été plantés au milieu des vignes de Haut-Bages Libéral, avec soin et minutie, afin de favoriser le développement du réseau mycorhizien avec la vigne. L'objectif est de tripler le nombre d'arbres. Claire expérimente également en créant CERES, un vin nature sans élevage sous-bois, sur huit hectares de haut-médoc. De plus, deux hectares de Ferrière sont cultivés sans recours au cuivre dans le but de mieux comprendre la lutte contre le mildiou. Elle explique que son engagement en biodynamie était motivé par la préservation de la planète et la production d'un vin sain, tandis que son mari, Gonzague, cherchait à obtenir une meilleure définition de ses vins. Au final, leurs objectifs se rejoignent."

La biodynamie est considérée comme une prise de risque. En 1992, Gonzague Lurton prend en charge Durfort-Vivens, un deuxième cru classé de Margaux, et les experts estiment que le domaine ne répond pas à son classement. Après avoir dégusté les vins d'Alain Moueix, qui pratique la biodynamie à Fonroque depuis 2002, Lurton décide de convertir son vignoble. Il trouve en effet dans les vins de Fonroque l'éclat qu'il recherche pour son cru. Il obtient la certification en 2016. En quête de précision et de pureté de fruit, il s'intéresse ensuite à la vinification en amphore l'année suivante, ce qui lui permet de réduire l'utilisation de soufre tout en protégeant ses vins de l'oxydation prématurée. Aujourd'hui, un tiers de la production est vinifié de cette manière dans un chai contenant 180 jarres. Lurton se réjouit de constater qu'il y a un réel engouement des crus classés en faveur de la biodynamie, avec des domaines tels que Ferrière, Palmer, Rauzan-Ségla, Gruaud-Larose, et bien d'autres. Cependant, pour lui, le véritable pionnier et source d'inspiration est le château des Gravières, le cru artisan de Christophe Landry. En effet, il a été le premier à prendre tous les risques, car il faut reconnaître qu'il n'existe pas de solution miracle pour lutter contre le mildiou. La biodynamie reste donc une prise de risque.

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