En bref. En colocation, vous possédez les machines et l’hébergeur fournit l’environnement. En serveur dédié, l’hébergeur fournit la machine. En cloud public, vous louez de la ressource mutualisée à la demande. Les trois n’engagent ni les mêmes coûts, ni les mêmes responsabilités.
La confusion est fréquente et coûteuse : on compare un tarif de colocation à un prix d’instance cloud, sans voir que le premier n’inclut aucun matériel et que le second n’inclut aucune exploitation. Le résultat est un arbitrage fondé sur des chiffres non comparables.
Ce qui les sépare
| Colocation | Serveur dédié | Cloud public | |
|---|---|---|---|
| Le matériel appartient à | Vous | L’hébergeur | L’opérateur |
| L’hébergeur fournit | Espace, énergie, refroidissement, réseau | La machine et son environnement | De la ressource à la demande |
| Qui exploite le système | Vous, sauf infogérance | Vous, sauf infogérance | Vous, sur une couche gérée |
| Élasticité | Nulle : il faut acheter du matériel | Faible : changement de machine | Forte : à la demande |
| Coût | Investissement puis charge fixe | Charge fixe mensuelle | Charge variable à l’usage |
| Adapté à | Parc existant, matériel spécifique, volumes stables | Besoins stables sans envie de gérer du matériel | Charges variables, projets courts |
Quand la colocation garde tout son sens
- L’entreprise a déjà investi dans du matériel qu’elle veut sortir de ses locaux.
- Elle utilise du matériel spécifique — licences liées à une machine, cartes particulières, appliances.
- Ses volumes sont stables : l’élasticité du cloud ne lui sert à rien et elle en paie la prime.
- Elle veut maîtriser physiquement l’emplacement de ses données.
Quand le cloud public est plus rationnel
- La charge est très variable ou saisonnière.
- Le projet est court et ne justifie pas d’investissement.
- L’entreprise n’a aucune compétence système interne et n’en veut pas.
- Le besoin porte sur des services gérés plutôt que sur des machines.
Le piège du coût sortant
Le poste le plus souvent oublié dans une comparaison n’est ni le processeur ni le stockage : c’est le trafic sortant. Une application qui diffuse beaucoup de données peut voir sa facture dominée par ce seul poste, alors qu’il est généralement inclus, ou facturé différemment, dans une offre de colocation.
La méthode de comparaison est celle de tout investissement : ramener chaque option à un coût complet sur une durée d’usage réaliste, généralement trois ans.
Les configurations mixtes
Rien n’oblige à choisir une seule formule. Une configuration fréquente consiste à héberger localement les données et les traitements sensibles, et à utiliser du cloud public pour les pics de charge ou les environnements de test. Les sauvegardes, elles, gagnent toujours à être sur un autre site que les données de production — voir les critères détaillés dans notre article sur l’hébergement de serveurs.
Ce qui ne change pas d’une formule à l’autre
Quelle que soit l’option retenue, trois responsabilités restent les vôtres : la sauvegarde et son test de restauration, la gestion des accès, et la conformité du traitement des données que vous hébergez. Aucune formule d’hébergement ne les transfère au prestataire.
La virtualisation change le rapport entre machines physiques et services rendus : ce qu’elle permet.
La réversibilité se négocie à la signature, jamais au départ : les points à contractualiser.
Le même arbitrage se pose côté logiciel : licence ou abonnement.
Questions fréquentes
Le cloud public est-il moins sûr ?
La question est mal posée. Les grands opérateurs disposent de moyens considérables ; le risque se déplace vers la configuration, les accès et la dépendance contractuelle.
Peut-on migrer d’une formule à l’autre ?
Oui, à condition que la réversibilité ait été prévue au contrat. C’est le critère à négocier en priorité, quelle que soit la formule.
Que veut dire « infogérance » exactement ?
Elle ajoute l’exploitation : supervision, mises à jour, sauvegardes, intervention. Elle se superpose à l’une des trois formules, elle ne s’y substitue pas.
Comment comparer deux devis ?
En listant ligne à ligne ce que chacun inclut — matériel, trafic, sauvegarde, support, engagement de délai — puis en calculant un coût total sur trois ans.
Conclusion
Ces trois formules répondent à des situations différentes, et la bonne question n’est pas laquelle est la meilleure mais laquelle correspond à la stabilité de votre charge et aux compétences dont vous disposez. Comparez à périmètre égal, sur trois ans, trafic sortant compris.
Cet article décrit des modèles d’hébergement de façon générale. Les prestations, capacités et niveaux de service proposés par Casaby figurent dans la proposition contractuelle remise à chaque client.
