À Lyon, il y a un laboratoire qui teste la semaine de quatre jours de travail. Cet article est uniquement accessible aux abonnés.
Le Premier ministre Gabriel Attal a abordé à nouveau le sujet de la semaine de travail en quatre jours, une pratique de plus en plus adoptée par les employeurs en France. Un reportage à Lyon met en lumière plusieurs entreprises privées et publiques qui ont déjà mis en place cette mesure afin d'améliorer leur attractivité.
Écrit par Isabelle Lesniak
Il y a environ quatre ans, Laurent de La Clergerie se rappelle clairement de la journée de juin 2020 où il avait réussi à finaliser des négociations salariales malgré le contexte difficile du Covid. Après avoir signé un accord sur les rémunérations avec les syndicats, lors d'une réunion qui touchait à sa fin, le fondateur et président du directoire de LDLC, entreprise leader dans le domaine de l'e-commerce informatique et high-tech en France, a surpris l'assistance en proposant de réfléchir à la mise en place d'un accord d'entreprise pour une semaine de quatre jours – 32 heures de travail d'ici la fin de l'année. Cette annonce a suscité un grand intérêt, car il était rare de voir un patron proposer une réduction du temps de travail sans y être incité auparavant. Seul son frère Olivier, directeur général de l'entreprise familiale, était au courant de ce projet, même la directrice des ressources humaines n'en savait rien. Cette initiative était inspirée d'une expérience menée par Microsoft au Japon, où 2 300 salariés avaient testé pendant un mois une semaine de travail condensée du lundi au jeudi, avec des résultats impressionnants en termes de productivité (+40 %), de consommation d'électricité (-23 %) et de réduction de l'utilisation de papier (-60 %).
Très investi dans le bien-être des employés, l'ingénieur en électronique a choisi de célébrer le 25e anniversaire de sa société de la meilleure façon possible. Contrairement à de nombreuses entreprises qui ont souffert des conséquences du Covid, le pionnier de l'e-commerce a bénéficié de l'essor du télétravail. Grâce à des ventes record d'ordinateurs et d'accessoires de bureau, son chiffre d'affaires a augmenté de 8,6 % lors de l'exercice 2020-2021. La nouvelle organisation a été mise en place le 25 janvier 2021 dans un contexte favorable. Cette entreprise lyonnaise comptant 1 000 employés pouvait se permettre une réforme audacieuse qui est devenue un exemple pour les entrepreneurs et les politiques.
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