Accueil Architecture Follow : Victoire d’Aboville dénonce les dangers des réseaux sociaux dans son nouveau thriller

Follow : Victoire d’Aboville dénonce les dangers des réseaux sociaux dans son nouveau thriller

0

Victoire d'Aboville, créatrice et productrice de la série "Follow", explique sa volonté de critiquer les réseaux sociaux à travers son nouveau thriller. Ce dernier sera diffusé le 26 novembre sur la chaîne 13e Rue et a remporté le prix du meilleur épisode de 52 minutes lors du dernier festival de la fiction de La Rochelle.

Par Laura Berny

Malgré un budget limité, « Follow » a remporté le prix du meilleur programme de 52 minutes au Festival de la Fiction de la Rochelle en septembre dernier. Victoire d'Aboville, qui a récemment créé sa propre filiale de production de séries au sein de Bonne pioche, a pu profiter de ce succès. Comme elle l'a démontré, il est possible de créer une bonne série avec des ressources limitées. Elle nous raconte également l'origine de cette intrigue singulière et captivante diffusée sur 13e Rue.

D'où est venue l'inspiration pour créer cette série ?

Après avoir travaillé pendant plusieurs années en tant que productrice au sein du groupe M6, j'ai décidé de me lancer un nouveau défi en 2020 en créant une filiale dédiée aux séries pour la société de production Bonne Pioche. J'ai rapidement réussi à vendre à M6 le concept de la série "Brigade anonyme" avec Eric Cantona. C'est lors de cette période que j'ai rencontré Hector Lavigne, responsable des acquisitions et des productions chez NBCUniversal France, propriétaire de 13e Rue. Il m'a parlé de son projet de coproduire deux séries par an qui correspondent à l'identité de 13e Rue, c'est-à-dire des thrillers distincts des autres plateformes, avec une atmosphère sombre et des personnages féminins, tout en respectant un budget limité. Cette proposition a immédiatement attiré mon attention, étant une fan de films tels que "Le seigneur des agneaux" ou "Zodiac". Par chance, j'avais une stagiaire qui avait précédemment travaillé en tant que community manager à la Préfecture de Paris. Comme je suis également engagée dans une lutte personnelle contre les réseaux sociaux, j'ai vu là une excellente opportunité de départ. Une fois que j'ai obtenu le feu vert, j'ai travaillé en collaboration avec Sophie Dab et Florian Spitzer pour développer cette série.

Qu'est-ce que vous critiquez concernant les réseaux sociaux ?

Je suis d'avis que de nombreuses personnes, surtout des jeunes femmes, publient trop de photos sur les réseaux sociaux, ce qui donne beaucoup d'informations aux prédateurs potentiels, comme cela a été le cas cet été avec le cambriolage du domicile de Xenia Adonts, une influenceuse de mode. Après MeToo, cela n'a aucun sens. Cette exposition constante est non seulement dangereuse pour les individus, mais aussi pour la société dans son ensemble. Si nous continuons à mettre le "soi" en valeur absolue, où cela nous mènera-t-il ? Franchement, c'est effrayant. Je souhaite critiquer les réseaux sociaux avec cette série, ainsi qu'avec d'autres, car ils sont une formidable source de drame.

Quelle est la contribution du réalisateur, Louis Farge, à l'atmosphère froide et inquiétante de "Follow" ?

Sans sa contribution, la série ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. Il possède un talent indéniable et a réussi à créer quelque chose d'original dans un genre déjà très établi. J'ai été enchanté par son précédent travail, "Cuisine interne", diffusé sur 13e Rue, et j'ai beaucoup apprécié sa personnalité lorsque je l'ai rencontré. Il s'est pleinement investi dans le projet, en suivant toutes les étapes et en réussissant à surmonter les contraintes budgétaires de la série. Il a consacré beaucoup de temps à répéter les scènes en amont avec les acteurs afin de respecter le calendrier, et a tourné principalement en intérieur – au CNAM et dans un bâtiment en face du Louvre pour représenter la Préfecture de Police. Il a également profité de l'hiver et des grèves pour créer cette impression de vide et de solitude, conférant ainsi à l'ensemble une atmosphère et une ambiance vraiment uniques. Nous avons également dû ruser. Par exemple, l'idée du couvre-feu, bien que légèrement extrême dans le cas d'un meurtrier – même en série -, nous a permis de représenter l'extérieur alors que nous n'avions pas les moyens ni les figurants nécessaires. Cette série a prouvé qu'il est possible de créer une excellente série avec un budget limité.

Quel est le montant en question ?

Nous avons produit six épisodes d'une durée de 45 minutes en seulement 35 jours. Nous avons utilisé toutes les méthodes pour optimiser le processus. Le coût total de production s'est élevé à 2,3 millions d'euros.

Quels ont été les principaux obstacles en dehors des limitations financières ?

Tout d'abord, parlons du personnage principal. Nous avions conscience d'avoir un concept solide, mais notre objectif était vraiment de créer un thriller plutôt qu'un roman policier. Cela nécessitait donc de mettre Lena en danger. Ainsi, il était important de lui donner une part de mystère, une étrangeté, quelque chose d'incompréhensible, tout en faisant en sorte que les spectateurs s'attachent à elle, qu'ils souhaitent son bien. Marie Colomb a parfaitement réussi cela. De plus, tout le casting a été formidable, de Marilyn Canto à Daniel Njo Lobé en passant par Vincent Heneine.

Ensuite, parlons de la manière dont les réseaux sociaux sont représentés à l'écran. Notre plus grande crainte était d'être dépassés par le temps et de paraître démodés. C'est pourquoi nous avons opté pour une neutralité en créant le réseau Life, tout en veillant à ce qu'il soit suffisamment contemporain pour que les jeunes puissent s'y retrouver. Les graphistes ont fait un excellent travail à ce sujet !

Enfin, et peut-être surtout, il était essentiel de transmettre des émotions. Les belles images sont importantes, mais ce qui compte avant tout, c'est que la série nous transporte, qu'elle nous fasse ressentir des émotions grâce à son atmosphère, son casting, son histoire, sa musique, et même grâce à des éléments fortuits tels qu'une ambulance qui passe. Louis Farge sait non seulement créer de la beauté, mais aussi nous faire vibrer.

Avez-vous des plans supplémentaires ?

Mon objectif avec Bonne Pioche est de continuer à produire deux séries par an et de découvrir de nouveaux talents qui sont aussi ambitieux que ceux qui ont participé à Follow. Ces talents doivent renouveler le genre du thriller, rassurer les chaînes de télévision tout en les surprenant.

Découvrez également:

Les 9 séries incontournables du mois de novembre.

Quelles sont les clés pour s'adapter à un environnement complexe ?

Nos vidéos

Les proches des prisonniers palestiniens libérés en Israël-Hamas se sont retrouvés

Guerre Israël-Hamas : les premières images des 24 otages libérés

Les trois moments qui ont marqué les conférences sur le climat

Pourquoi la Finlande ferme ses frontières avec la Russie

Les articles les plus lus

Ridley Scott et sa fuite en avant avec "Napoléon"

Napoléon, une star du cinéma en 7 films

Les trois films de la semaine à voir et à revoir

En tête d'affiche

L'immigration met à l'épreuve l'unité de la majorité présidentielle

Le plan tabac va étendre l'interdiction de fumer à de nouveaux lieux publics

Guerre Israël-Hamas : chronologie des événements du 27 novembre

Cinéma et séries

"Napoléon" connaît un grand succès au box-office

"Un ami de la famille" : un prédateur chez les Mormons

Follow : l'obscurité des réseaux sociaux

Pratique

P

La Formation

Tous les droits sont réservés par Les Echos en 2023.