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Alstom : le renouveau inattendu d’un rescapé de la crise

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Alstom fait son retour de manière surprenante après avoir été sauvé. Cette information est accessible uniquement aux abonnés.

Après avoir subi de lourdes pertes en Bourse à la fin de l'année, l'entreprise de transport ferroviaire modifie sa direction. Bien que ses bases soient solides, elle est perçue comme une victime de la désindustrialisation en France, ce qui nuit à sa réputation.

Écrit par Daniel FORTIN

Le capitalisme ne peut être considéré comme moral, comme le soulignait déjà le livre célèbre d'André Comte-Sponville en 2004. Henri Poupart-Lafarge en a eu la confirmation en octobre 2023, lorsque le titre d'Alstom, l'entreprise dont il est le président jusqu'au 20 juin prochain, a chuté en Bourse. Une baisse de 37% en une seule séance ! Une baisse de 25% en un an ! A cette date, la valeur du groupe a été divisée par quatre depuis la fusion avec Bombardier. Cinq mois plus tard – une deuxième humiliation -, le groupe est sorti du CAC 40 ! Et le 20 juin prochain, lors de l'assemblée générale du groupe, Henri Poupart-Lafarge devra laisser son poste de président à Philippe Petitcolin, l'ancien PDG de Safran, pour redevenir directeur général. Il semble difficile d'interpréter ce changement de gouvernance comme une promotion. Malgré tout, Henri Poupart-Lafarge affiche un sourire et tente de minimiser la situation. Il déclare : « Nous avions discuté de cette décision en conseil d'administration depuis un moment et le moment est venu. Je soutiens pleinement cette décision et je me réjouis de l'arrivée de Philippe Petitcolin. Cette nouvelle organisation me permettra de me concentrer à 100% sur mon rôle de directeur général pour mettre en œuvre notre plan d'action ».

Ce ne sera pas une tâche facile. La société a rencontré des difficultés récurrentes de trésorerie, une dette importante et des retards fréquents dans les livraisons. Tous ces facteurs ont contribué à la récente crise. De plus, il semble que la direction ait tardé à réaliser la gravité de la situation. Le conseil d'administration n'a été informé qu'à la dernière minute, lors d'une présentation, ce qui a suscité la surprise et l'inquiétude. Certains cadres se souviennent que des doutes sur la viabilité d'Alstom, redevenu un simple fabricant de trains après la vente de sa branche énergie à General Electric en 2015, avaient été soulevés par la place financière au siège du groupe à Saint-Ouen.

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