Accueil Architecture Les petites cruautés de Valéry Giscard d’Estaing : la chronique incisive de Marc Lambron

Les petites cruautés de Valéry Giscard d’Estaing : la chronique incisive de Marc Lambron

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L'article de Marc Lambron : les petits actes cruels de Valéry Giscard d'Estaing

Giscard avait une attitude condescendante de base, avec une certaine arrogance qui créait une atmosphère malaisante.

Écrit par Marc Lambron

Après avoir visité la superbe exposition sur l'impressionnisme au musée d'Orsay, je me suis rappelé que le musée avait été rebaptisé en l'honneur de Valéry Giscard d'Estaing, son inspirateur. Cela m'a fait penser à ce personnage qui m'intriguait. Il dégageait une certaine arrogance, étant condescendant de nature mais incapable d'accepter la contradiction. En agissant ainsi, Giscard manquait l'opportunité de prendre du recul face aux critiques et aux réactions qu'il suscitait, et de mieux comprendre les critiques sur ses écrits qui semblaient ridicules à beaucoup. Son langage et son style étaient souvent énigmatiques, laissant les gens perplexes face à ses discours énigmatiques. Liliane de Rothschild l'avait décrit de manière concise en disant qu'il créait un malaise auguste.

En même temps, étant donné que le jeune et dynamique Giscard avait agacé bon nombre de politiciens plus âgés de l'ancien monde, on pouvait se réjouir de voir qu'il avait réussi à se positionner malgré lui comme un élément perturbateur parmi ces vieilles figures. Giscard avait déplu à des personnes peu agréables, ce qui pouvait être considéré comme un point en sa faveur. Il était avare de ses compliments, ce qui est souvent le cas chez ceux qui ont eu des relations difficiles avec leur père mais ont été idolâtrés par leur mère. Il se tenait en haut de l'arbre généalogique, observant la vie de loin. Il a même dit un jour à propos d'une personne qu'il appréciait : "Il est prétentieux, mais est-ce vraiment nécessaire ?" De la part de Giscard, qui était loin d'être modeste, c'était assez audacieux mais bien dit.

Un roi âgé

Il était dit qu'à l'époque de sa gloire, il avait fait preuve de petites cruautés typiques des monarques. Un exemple : le président de la République décidait seul des nominations aux postes de direction des grandes entreprises publiques, laissant toujours en compétition deux ou trois candidats potentiels. Giscard prenait sa décision en privé, ne la partageait avec personne, convoquait ensuite à l'Elysée le candidat choisi, qui s'y rendait plein d'espoir. Au cours de l'entretien, le président lâchait : "Vous n'êtes pas le meilleur pour ce poste." La réaction du malheureux était inévitable. Après un moment de silence, Giscard ajoutait : "Vous êtes le seul." C'était typique de lui : mêler une grande faveur à une petite perfidie. Malgré toutes les critiques, je vais nuancer mon propos : aussi agaçant qu'il ait pu être, l'homme Giscard ne m'a pas déplu. Il était de ces individus énigmatiques qui évoquent un certain mystère français, tel un roi âgé dont on aurait regretté que la vie l'ait emporté trop tôt. Parfois, la présence d'un caractère ombrageux peut susciter de la nostalgie.

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