Accueil Architecture La légende de Valéry Giscard d’Estaing : un autocrate libéral en quête d’approbation

La légende de Valéry Giscard d’Estaing : un autocrate libéral en quête d’approbation

0

Dans sa chronique, Marc Lambron met en avant la personnalité de Valéry Giscard d'Estaing, décédé récemment. Il le décrit comme un leader politique autoritaire et libéral, dont les échecs le déstabilisaient. Giscard d'Estaing était également un homme solitaire en quête de reconnaissance populaire.

Écrit par Marc Lambron

Le 27 mai 2024, un grand événement s'est tenu à l'Institut de France pour célébrer les sept ans de présidence de Valéry Giscard d'Estaing, exactement cinquante ans après son élection le 27 mai 1974. Organisé par son fils Louis et son biographe Eric Roussel, cet événement était très prestigieux. Emmanuel Macron a envoyé un message, Nicolas Sarkozy est intervenu à la tribune, et les anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin, Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe ont témoigné. De nombreux économistes et commentateurs politiques étaient présents, dont Jérôme Jaffré, Nicolas Baverez, Ruth Elkrief et Guillaume Tabard. Des personnalités nommées Anne étaient également présentes, comme Anne d'Ornano, Anne Méaux et Anne Levade, ainsi que l'épouse Anne-Aymone.

Quelles leçons tirer de cette journée particulière, où la réflexion profonde se mêlait aux sentiments des anciens leaders politiques ? Les commentaires sur le premier président français étaient nombreux. Certains ont souligné le côté technocratique de Giscard, son désir que la réalité soit plus rationnelle que conflictuelle, même si cela lui a parfois nui. Catherine Nay a raconté que, en 1974, Giscard croyait pouvoir transformer l'UDR gaulliste, suite à la défaite de Chaban-Delmas. Cependant, c'est Chirac qui a finalement redéfini le gaullisme. Alain Duhamel a comparé l'UDR à la Prusse et les giscardiens à la Yougoslavie, un ensemble de petits États qu'il tentait de rassembler, comprenant les centristes de Lecanuet, les radicaux excentriques de Servan-Schreiber et quelques gaullistes dissidents. Giscard a souvent provoqué la droite conservatrice. Jean-Claude Casanova a raconté comment les membres de l'UDR ont réagi lorsque Servan-Schreiber et Françoise Giroud ont rejoint le gouvernement. Leur journal "L'Express" était associé à la gauche, aux partisans de Mendès France et à la décolonisation de l'Indochine et de l'Algérie.

Un individu qui vivait sur une île

En se rappelant de sa rencontre avec Giscard, Edouard Philippe, né en 1970, a déclaré : "Quand j'étais Premier ministre, j'ai rencontré Giscard. En tant que membre du Conseil d'Etat, il m'a dit clairement : 'Il y a trop de juristes en France. En Chine, le Premier ministre a une formation juridique, mais il est le seul dans l'administration. Tous les autres sont des ingénieurs'." Cette vision du monde était marquée par une préférence pour les ingénieurs et une certaine ignorance de l'état de droit en Chine. Giscard, qui avait une expérience militaire avant de rejoindre l'X, se décrivait ainsi : "A Polytechnique, il y avait des élèves officiers. J'étais un élève officier." Cependant, il avait ses limites en termes d'esprit de corps. Lorsqu'un polytechnicien se présenta à l'Académie française, Giscard commenta : "Il est suffisant, mais est-il vraiment nécessaire ?" Valéry Giscard d'Estaing était ainsi un individu qui vivait sur une île, cherchant l'approbation des masses, un autocrate libéral perturbé par chaque échec.

L'auteur de

Nouveauté : découvrez nos offres Premium !

Nos Vidéos

Paris sportifs sur internet : qui sont les véritables gagnants ?

Pays du Club Med : Portugal, Espagne, Grèce en pleine renaissance

Les jeunes ont-ils des difficultés avec le travail ?

SNCF : est-ce que la concurrence peut faire baisser les tarifs des billets de train ?

Les articles les plus consultés

Philippe Besson croque Angelina Jolie, Sharon Stone, Daniel Craig

L'été vu par Marc Lambron dans sa chronique sur Mauriac

Préparer l'après Jeux Olympiques

À la Une

AXA va vendre sa gestion d'actifs à BNP Paribas pour 5,1 milliards d'euros

Wall Street en baisse suite à des indicateurs américains préoccupants

Les marchés européens perturbés

Chroniques

Philippe Besson caricature Angelina Jolie, Sharon Stone, Daniel Craig

Préparer l'après Jeux Olympiques

Mauriac en été, la chronique de Marc Lambron

Conseils et informations pratiques

P

L'Équipe

Tous les droits sont protégés – Copyright Les Echos 2024