À midi, on peut critiquer Airbnb pour contribuer à la crise du logement, mais cela peut sembler un peu simpliste.
Écrit par Jean-Francis Pécresse
Le phénomène Airbnb est représentatif de la contradiction de notre époque : il est devenu de plus en plus difficile de trouver un logement pour soi, mais en même temps il est devenu très facile d'en trouver un n'importe où dans le monde. C'est pourquoi cette plateforme de location de logements meublés est à la fois détestée et adorée. Détestée car elle est accusée de réduire considérablement l'offre de locations traditionnelles à long terme dans les grandes villes. Adorée par ceux qui sont souvent exclus vers la périphérie, car elle leur permet de voyager à moindre coût. Il serait simpliste de penser qu'Airbnb n'a fait que suivre la tendance à la hausse du tourisme ces dernières années. Bien sûr, il l'a stimulée, tout comme les compagnies aériennes low cost avec leurs offres à bas prix. Cela a également ses avantages. Des régions avec peu d'infrastructures hôtelières sont devenues soudainement attrayantes : des endroits reculés, mais aussi des zones longtemps négligées par le tourisme de masse.
En 2022, en France, près de 150 millions d'euros de taxe de séjour ont été collectés par 23 000 communes, dont un tiers sont rurales, grâce aux locations sur Airbnb. Cela profite aux économies locales. Pour des centaines de milliers de Français qui louent leur résidence principale ou secondaire, c'est un revenu supplémentaire appréciable en période d'inflation. Chacun voit les avantages d'Airbnb à sa manière, mais les responsables des grandes villes, de New York à Paris, critiquent peut-être trop la plateforme. En premier lieu, il est clair qu'Airbnb n'a pas nui à l'industrie hôtelière, en particulier le secteur de luxe. De plus, il est simpliste de l'accuser du manque de logements à long terme. Si la location non meublée était moins risquée et moins coûteuse pour les propriétaires, y aurait-il autant de logements inoccupés ? Le succès d'Airbnb n'est pas la cause de la crise du logement, mais plutôt une conséquence.
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