Connie Nielsen, actrice danoise connue pour son rôle dans le film "Gladiator" en 2000, interprète Karen Blixen, une célèbre écrivaine, dans la série "The dreamer" diffusée sur OCS Pulp. La série raconte l'histoire de Blixen, qui rentre au Kenya complètement désespérée, et qui finit par publier son premier livre à l'âge de 49 ans, ce qui la propulse vers la gloire littéraire. Dans une interview, Nielsen partage son opinion sur le processus de vieillissement, qu'elle considère comme libérateur.
Par moi, Laura Berny
Connie Nielsen est devenue une célébrité mondiale grâce au film d'action historique "Gladiator", dont la suite est très attendue cette année. Depuis le début de sa carrière, elle a alterné entre des films américains et européens, et a également fait des apparitions à la télévision dans des séries telles que "New York, unité spéciale" ou "Boss". Avec sa participation dans la série danoise "The dreamer", diffusée sur OCS Pulp, où elle joue le rôle de Karen Blixen, une écrivaine polyglotte, Connie Nielsen entame probablement une nouvelle étape dans sa carrière.
Qu'est-ce qui vous a séduit chez Karen Blixen ?
C'est un peu par hasard que j'ai découvert l'histoire de Karen Blixen. Pour moi, elle était un passé lointain. Cependant, lors de ma visite de sa maison musée à Rungstedlund près de Copenhague il y a quelques années, j'ai été impressionné par un dessin d'un buste de déesse en plâtre qu'elle avait créé à l'âge de 17 ans pour entrer à l'académie royale des Beaux-arts. Son talent était indéniable ! De plus, j'ai réalisé que Karen Blixen n'était pas encore devenue écrivaine lorsqu'elle est rentrée au Danemark après avoir vécu 17 ans au Kenya, même si elle a écrit toute sa vie. Elle n'a publié son premier livre que lorsqu'elle approchait de ses 50 ans… C'est cela qui a suscité mon intérêt.
Pas du tout comme dans le film "Out of Africa" de Sydney Pollack…
Exactement. J'ai voulu montrer comment cette femme brisée est devenue une écrivaine talentueuse. J'ai voulu plonger dans son esprit et explorer toutes les facettes de sa personnalité, même les plus sombres. Malgré son statut aristocratique, sa vie a été loin d'être facile. Son père s'est suicidé lorsqu'elle avait dix ans, elle a été forcée d'accepter un mariage de convenance, elle a souffert de maladie, a vécu la mort tragique de son grand amour Denis Finch Hatton, a perdu sa ferme en Afrique, et a dû dépendre financièrement de sa famille alors qu'elle était l'aînée… Tout cela explique son caractère dur et passionné. Son désir d'être publiée et reconnue était si fort qu'il emportait tout sur son passage.
Parfois, elle pouvait être assez désagréable en réalité…
Nous n'avons pas cherché à dissimuler cette facette de sa personnalité, mais elle était quelqu'un qui refusait d'admettre la défaite malgré les difficultés. Son désir d'être publiée était si fort qu'il emportait tout sur son passage. À cette époque, il était rare pour une femme d'affirmer avec autant de détermination son ambition, même si elle venait d'une famille d'artistes et d'écrivains.
Avez-vous proposé d'intégrer des extraits de "The dreamers" dans le récit ?
Ce n'est pas la scénariste que nous avons fait appel, Dunja Gry Jensen. C'est fascinant de voir comment Karen Blixen décrit dans cette nouvelle tirée des « Sept contes gothiques » l'impossibilité pour une femme d'assumer toutes ses pulsions, d'être à la fois un corps et un esprit, une intelligence et une force créatrice. Elle doit littéralement diviser son héroïne en quatre personnalités distinctes : l'artiste, puis la révolutionnaire, la courtisane et la sainte. C'est d'une profondeur et d'une modernité incroyables ! Même aujourd'hui, il est difficile pour de nombreuses femmes de faire exister toutes leurs envies sans devoir les sublimer, ou plutôt les réprimer.
Vous avez également envie d'écrire ?
À l'époque de «The dreamer», je manquais de temps et je ne pensais pas être suffisamment compétent techniquement pour écrire plusieurs épisodes d'une série. Maintenant, je me rends compte que j'ai les connaissances nécessaires pour aborder un sujet qui me passionne. En fait, je suis en train de travailler sur un nouveau projet. Cependant, l'écriture ne me procure pas de plaisir, mais plutôt une certaine souffrance, à l'instar de Karen Blixen. Malgré tout, c'est formidable de pouvoir oser et de me sentir libre de créer.
Est-ce que la liberté est une priorité pour vous ?
Absolument. C'est le but principal que je poursuis tout au long de ma vie. Et pour atteindre cet objectif, le processus de vieillissement se révèle être libérateur. Lorsqu'on est jeune et beau, on est constamment poussé à exposer son corps et on est souvent réduits à cette dimension superficielle. Pour les femmes, cela est particulièrement difficile dans l'industrie cinématographique. J'ai passé vingt ans à me plaindre de cette situation. Mais enfin, les choses commencent à changer. Nous sommes en train de créer les conditions nécessaires pour que cela se réalise.
Avez-vous envie de créer une série ou un film en ce moment ?
Être à la tête d'un film demande beaucoup d'efforts. J'ai déjà eu l'expérience de réaliser un court-métrage et cela s'est avéré difficile. Cependant, en ce qui concerne la production, c'est quelque chose que j'ai déjà accompli. Et créer une série, c'est certainement réalisable !
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D'autres intérêts ?
Je suis tellement attaché à mes enfants, c'est incroyable. Chaque fois que je dois m'en séparer, c'est difficile même si mon plus jeune a déjà 16 ans. J'apprécie également énormément le temps que je passe à la maison, que ce soit à San Francisco ou à New York, pour écrire, planifier mes projets et me battre pour obtenir leur financement.
Avez-vous une préférence entre les États-Unis et le Danemark ?
Le Danemark est un pays magnifique, mais je n'ai pas beaucoup de temps pour le visiter, sauf pendant l'été. C'est également un pays qui a réussi à créer des conditions de vie humaines où même les personnes les plus vulnérables bénéficient d'une vie décente, d'un accès gratuit aux soins de santé et à une bonne éducation. Je ne comprends pas du tout le contexte politique américain, où il y a tant de gens privés de ces avantages, et où il y a un refus d'envisager une société plus protectrice. Pour moi, c'est un mystère.
Qu'est-ce qui vous ferait le plus de bonheur à cet instant précis ?
Après quinze jours de fortes précipitations, le temps est enfin magnifiquement ensoleillé. Cela me donne une envie irrésistible de mettre mes chaussures et de partir me balader en plein air avec mon compagnon à quatre pattes.
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