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Purenat révolutionne la dépollution de l’air intérieur grâce à la lumière

Purenat, une start-up innovante, a créé une solution révolutionnaire pour purifier l'air intérieur en utilisant la lumière. Grâce à cette technologie, la société a remporté de nombreux prix et est capable de détruire la majorité des particules dangereuses sans causer de dommages à l'environnement.

Par moi-même, Pierre Fort

Chaque année, environ 3,2 millions de personnes perdent la vie à cause de la mauvaise qualité de l'air dans les maisons, les bâtiments publics et les espaces de travail à travers le monde. Selon l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur, l'air à l'intérieur des lieux clos où nous passons la plupart de notre temps est jusqu'à dix fois plus pollué que l'air extérieur, en raison de la présence de micro-organismes, de bactéries, de virus, d'allergènes et de composés organiques volatils (COV). Cette pollution entraînerait des coûts annuels de 19 milliards d'euros pour les finances publiques, toujours selon l'observatoire. Malheureusement, la situation ne devrait pas s'améliorer. En effet, bien que l'isolation des bâtiments soit de plus en plus performante en termes d'efficacité énergétique, cela entraîne également une circulation plus lente de l'air à l'intérieur.

De nos jours, de nombreux dispositifs ont été mis en place pour lutter contre la pollution de l'air intérieur, que ce soit dans les foyers des personnes conscientes des enjeux ou dans les usines soumises à des réglementations. Cependant, ces équipements ne sont pas exempts de problèmes, comme l'explique Manon Vaillant, présidente de la société Purenat. Selon elle, la plupart des purificateurs d'air utilisés dans les bâtiments sont composés de filtres mécaniques contenant du charbon actif, conçus pour capturer et stocker les particules nocives de différentes tailles. Malheureusement, ces filtres se remplissent de polluants et doivent être remplacés tous les six mois, voire plus fréquemment pour les industriels. Malheureusement, ils finissent souvent dans les incinérateurs car il n'y a pas de méthode de recyclage connue.

Protéger l'environnement a un coût élevé. Le charbon actif, qui est produit par un processus de combustion très énergivore, est importé à grands frais d'Asie. De plus, les bâtiments consomment beaucoup d'énergie en raison des filtres encrassés, ce qui oblige les moteurs de ventilation à fonctionner en surrégime. Les nouveaux procédés tels que les lampes UVC, l'ionisation et le plasma ne sont pas parfaits non plus. Ils peuvent être difficiles à installer et émettre un autre polluant, l'ozone, lors de leur fonctionnement. En résumé, le secteur semble toujours à la recherche d'une solution appropriée à la pollution de l'air intérieur.

Natacha Kinadjian Caplat, docteure en physique-chimie des matériaux, a consacré sa thèse à la recherche d'une solution capable de détruire les polluants de manière efficace. Elle s'est particulièrement intéressée à la photocatalyse, un processus qui permet de détruire les polluants grâce à l'effet de la lumière sur certains agents chimiques. Ce processus attaque toutes les molécules qui se trouvent à sa portée. Auparavant, la photocatalyse était utilisée en vaporisant les éléments actifs sur des surfaces filtrantes. Cependant, un problème se posait : lorsque l'air passait à travers ces surfaces, les éléments photocatalytiques, tels que le dioxyde de titane, se détachaient et polluaient à leur tour l'air intérieur des bâtiments.

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Cependant, la chercheuse persiste dans sa conviction que la photocatalyse est la meilleure solution. En 2014, elle parvient à développer un matériau composite sous la forme d'un fil, dans lequel les agents chimiques photocatalytiques ne sont pas simplement déposés sur un filtre, mais deviennent des composants intégrés. Ainsi, il est impossible qu'ils soient relâchés dans l'air. Ce tissu filtrant, breveté par Natacha Kinadjian Caplat au CNRS, a une consistance similaire à celle des bandes de gaze et s'inspire également de l'algue diatomée, dont la porosité maximise la surface d'échange. En résumé, ce matériau photocatalytique souple présente de grandes perspectives prometteuses.

Manon Vaillant et Natacha Kinadjian, photographes professionnelles.

Cependant, dans sa forme actuelle, le produit n'est pas prêt à être vendu. Natacha Kinadjian Caplat met de côté sa découverte et trouve un emploi sur le terrain où elle évalue la qualité de l'air dans les bâtiments pour le secteur de la construction, dans le but de trouver des solutions efficaces de dépollution pour l'industrie. Cependant, aucune de ces solutions ne la satisfait. Finalement, elle ressort son matériau composite des cartons et s'associe avec Manon Vaillant, une ingénieure en biotechnologie, pour créer la société Purenat à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, en 2020. Après trois ans de recherche et développement financés par Bpifrance et l'Ademe, le produit est breveté et prêt à être fabriqué en série.

La société Purenat prévoit de commercialiser son produit en 2024. En 2023, elle a réussi à lever 1,1 million d'euros auprès de différents investisseurs tels que Newfund, SkalePark, Arts et Métiers Business Angels, ACLOUD Innovation et Adour Business Angels, ainsi que la région Nouvelle-Aquitaine et Bpifrance. Grâce à ces fonds, Purenat a pu investir dans une machine qui lui permettra de réaliser la dernière étape de production de son produit en interne, au lieu de la confier à des sous-traitants. Cette machine, installée dans les locaux de Purenat, permettra à l'entreprise de produire 10 000 m2 de son matériau en 2024.

Grâce à sa flexibilité, le tissu composite filtrant peut être utilisé dans de nombreux domaines. Il peut être utilisé dans les purificateurs d'air pour les particuliers, dans l'industrie pour dépolluer les sites, ainsi que dans l'automobile et l'aéronautique pour réduire la taille des équipements de climatisation. Manon Vaillant affirme que des études préliminaires sont en cours pour déterminer les dimensions nécessaires pour chaque secteur. Cela permettra de définir quelles industries seront ciblées en priorité, mais pour l'instant, l'industrie semble être la première cible, suivie des purificateurs d'air.

Le fil photocatalytique PureNat, développé par Sébastien Minvielle, est une nouvelle technologie innovante

Certains industriels travaillant dans le domaine de la dépollution des sols ou de l'épuration des eaux usées ont montré un intérêt pour le matériau photocatalytique développé par la start-up en raison de ses nombreux avantages. En plus de sa capacité remarquable à éliminer les polluants organiques tels que les Cov, les virus et les bactéries, ainsi que les mauvaises odeurs, ce filtre a une durée de vie exceptionnelle, comme l'a expliqué Manon Vaillant : « Notre filtre dure aussi longtemps que les LED qui lui fournissent la lumière nécessaire à son bon fonctionnement, soit environ trois à cinq ans. Étant donné qu'il élimine les polluants, il ne se salit pas et ne s'endommage pas. »

En réduisant considérablement les dépenses d'entretien par rapport aux filtres qui doivent être remplacés après quelques mois, cette solution permet de limiter les coûts d'utilisation. De plus, bien que le charbon actif soit moins cher que le matériau de Purenat en termes de quantité équivalente, l'efficacité de ce dernier permet d'en acheter moins tout en obtenant le même résultat.

Recyclable à 100% en théorie, le tissu photocatalytique développé par cette jeune entreprise présente également un avantage écologique considérable. En effet, il ne rejette dans l'air que de l'eau et du CO2, en quantités extrêmement faibles. Des tests en laboratoire ont démontré que ce filtre était capable de dépolluer une pièce de 15 m2, saturée de particules nocives à hauteur de 750 parties par milliards en volume (PPBV), en seulement une seconde. Selon Manon Vaillant, cette efficacité est deux fois supérieure à celle du filtre photocatalytique précédemment commercialisé par Saint-Gobain. Bien sûr, ces résultats doivent encore être confirmés en conditions réelles.

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Dans cet article, nous ab

De plus, et c'est crucial, le matériau utilisé par Purenat est entièrement recyclable, contrairement à la plupart des filtres actuellement disponibles. Cependant, il est important de s'assurer que cela ne reste pas seulement théorique, ce qui fera l'objet d'un prochain programme, précise la présidente. De plus, l'entreprise est en train de réaliser une étude de cycle de vie approfondie afin de démontrer que son produit est effectivement le filtre le plus durable sur le marché.

La société de sept employés se prépare déjà pour l'avenir, alors qu'elle s'apprête à commercialiser son produit l'année prochaine. Elle a l'intention de postuler au projet « Première Usine » du programme France 2030 afin d'ouvrir un site pilote dès 2025 et de se développer à l'international. En attendant, elle continue de recevoir des récompenses. Elle a déjà remporté le Global Industrie Awards dans la catégorie « jeune entreprise » et a été lauréate du MaddyTour 2023. Elle vient de remporter un nouveau prix au célèbre salon Pollutec.

Pierre Fortin

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