La chronique de Marc Lambron : les agissements troublants de Depardieu
Des pétitions et contre-pétitions ont été lancées suite aux comportements de Depardieu, ce qui a semé la panique dans l'industrie du cinéma. On peut se demander pourquoi personne n'a parlé plus tôt de ses actions. Si tout le monde était au courant, pourquoi cela n'a-t-il pas été révélé ?
Par Marc Lambron
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L'affaire Depardieu fait beaucoup parler d'elle. Est-ce un effet de l'ère #MeToo ? Commençons par différencier les civilisations. Un système puritain a besoin de condamner les coupables : c'est le cas des Etats-Unis, qui ont brûlé les sorcières de Salem. À partir des années 1920, le moralisme s'est installé à Hollywood, avec ses actrices forcées, ses acteurs drogués et ses soirées orgiaques. En réaction à ces excès, une répression vertueuse s'est mise en place. Pour le cinéma, cela s'est traduit par le code Hays, qui a restreint la liberté à l'écran pendant des décennies. Mais dans les années 1950, une nouvelle paranoïa politique a diabolisé Hollywood en y voyant un foyer de communistes, c'est ainsi que le maccarthysme est né. Il y avait aussi une version de Sodome et Gomorrhe au Nevada, appelée Las Vegas. Au début des années 1960, une triade Sinatra-Kennedy-mafia s'y est développée, mais cela ne sera dénoncé que rétrospectivement.
Cependant, le nouveau Hollywood n'est pas en reste : il y a eu l'affaire Polanski dans la résidence de Jack Nicholson, les années de liberté qui ont conduit au scandale impliquant Bill Clinton avec la jeune Lewinsky, et plus récemment les affaires Kevin Spacey ou Bill Cosby. Avec #MeToo, nous sommes maintenant entrés dans l'ère Epstein-Weinstein : une combinaison de politiciens, d'acteurs et de membres de la noblesse. N'a-t-on pas déjà vu Donald Trump faire une apparition dans le film de Woody Allen, "Celebrity" ? Et ce même Trump, accusé d'agressions sexuelles, a récemment été condamné pour ces accusations.
Les manipulations et les gains
Revenons en France. Ainsi, le célèbre acteur national, connu pour son charme et sa vivacité d'esprit, est soudainement exposé à la désapprobation générale. Jean Gabin, quant à lui, était respectueux envers les femmes. Pétitions, contre-pétitions, Depardieu crée la panique dans l'industrie cinématographique. On peut légitimement se demander pourquoi un tel silence a persisté si longtemps. Si tout le monde était au courant, pourquoi n'en a-t-on pas parlé ? Et pourquoi les médias, qui sont si prompts à enquêter, n'ont-ils pas cherché les abus sur les plateaux de tournage ? Cela aurait conduit à une remise en question gênante des manipulations et des gains dans le domaine réservé du cinéma. De manière significative, l'acteur le plus rentable de France s'en prenait principalement aux travailleurs de l'ombre de la profession, aux subalternes du Celluloïd, audacieux mais pas téméraire. Quelle tristesse, si on y réfléchit !
Cependant, je pense que le véritable problème se situe ailleurs : dans le nombre effrayant de meurtres de femmes commis chaque année dans notre pays. En 2023, ce nombre n'a malheureusement pas beaucoup diminué, restant autour de 120 cas depuis plusieurs années. Les criminels ont en moyenne la quarantaine, il ne faut donc pas blâmer, cette fois-ci, les personnes âgées. Est-ce que nous progressons réellement ? Le passé pourrait nous donner des indications. Français, il faut encore faire un effort pour revenir au XVIIIe siècle de Beaumarchais : celui où Suzanne, Figaro et la comtesse triomphaient du comte Almaviva.
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