La cérémonie de la relève de la Garde est uniquement accessible aux abonnés.
Il y a dix ans, cette unité d'élite était critiquée pour le prix de son rôle symbolique, mais maintenant, elle n'a plus besoin de prouver son utilité dans la protection de la sécurité des citoyens français.
Par Jean-Francis Pécresse
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Réécriture
Ce détail peut sembler insignifiant pour certains, mais il a une grande signification. Depuis novembre 2023, tous les premiers mardis du mois, si vous êtes lève-tôt, vous avez la possibilité d'assister à la relève de la Garde républicaine devant le palais de l'Elysée. Cette tradition centenaire, interrompue il y a vingt-sept ans par Jacques Chirac, a été rétablie par Emmanuel Macron suite à une demande de son commandant, Charles-Antoine Thomas. L'un des objectifs de ce haut gradé, qui est l'un des plus jeunes et des plus talentueux généraux de l'armée française, est de renouer le lien avec la nation. La relève est donc arrivée pour ce corps de gendarmerie, dont la Cour des comptes a noté en 2013 le coût élevé par rapport à son rôle protocolaire. Est-ce que les trois cents millions d'euros dépensés pour escorter le chef de l'Etat, les hautes autorités et les invités de marque, ainsi que pour défiler devant les palais nationaux et jouer de la musique militaire aux Invalides ou au Panthéon, étaient justifiés ? Cela reste sujet à débat.
La présence des motards ultra-entraînés de la Garde et des cavaliers du dernier régiment monté de l'armée a une valeur inestimable, car elle contribue au prestige de la France. Les services du protocole de l'Élysée sont submergés par les demandes des dignitaires étrangers qui souhaitent avoir une escorte imposante et des gardes en uniforme, dont la culotte blanche est toujours un privilège. Cet été, lorsque les Jeux olympiques auront lieu à Paris, tous les regards seront tournés vers la capitale française, et les 3 000 shakos étincelants de la Garde, qui seront très sollicités, renforceront le "soft power" de la France. La tradition de la Garde est un rempart de la tradition. Cependant, il était temps de changer l'image de garde prétorienne, et ce corps se devait de réaffirmer sa mission en tant qu'unité d'élite pour justifier sa pérennité. Avec des tireurs d'élite, une expertise en lutte contre les drones et la responsabilité de lutter contre l'orpaillage illégal, la Garde républicaine n'a plus besoin de prouver son utilité au service des Français.
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