Au Royaume-Uni, afin de stimuler l'économie, le gouvernement a décidé de mettre en place d'importantes réductions d'impôts. Cela fait suite à la forte inflation qui a permis de générer une somme importante de revenus fiscaux. Ainsi, le ministre britannique des Finances, Jeremy Hunt, a pris la décision de dépenser la quasi-totalité de cette somme, soit 27 milliards de livres, en réduisant les prélèvements obligatoires. Cette décision a été motivée par la pression exercée par la majorité conservatrice et les prochaines élections qui auront lieu dans moins d'un an.
Par moi, Ingrid Feuerstein
Selon l'Office for Budget Responsibility (OBR), qui surveille les finances publiques du gouvernement britannique, la croissance économique sera plus forte cette année, mais elle ralentira davantage que prévu en 2024. L'inflation diminuera, mais à un rythme moins rapide que prévu.
Malgré cette évaluation mitigée, le ministre des Finances, Jeremy Hunt, a déclaré mercredi devant le parlement qu'il prévoyait une série de réductions d'impôts d'une valeur de 27 milliards de livres afin de stimuler une économie britannique en difficulté.
« Après avoir fait face à une pandémie et à une crise énergétique, nous avons pris des mesures difficiles afin de relancer notre économie », a-t-il annoncé lors de la présentation de son budget, qui vise à « supprimer les obstacles à l'investissement » et à « valoriser le travail ». Il a également ajouté : « Notre stratégie pour l'économie britannique porte ses fruits, mais il reste encore du travail à accomplir ».
Le gouvernement a décidé de réduire les impôts suite à une augmentation inattendue des revenus. Le Royaume-Uni a enregistré une hausse de 27 milliards de livres sterling de recettes fiscales, malgré une inflation élevée et des augmentations de salaires importantes.
L'impact de ces mesures a été considérable, étant donné que les limites du barème de l'impôt sur le revenu sont maintenues inchangées depuis le début de la pandémie. À moins d'un an des prochaines élections, et suite à la pression exercée par la majorité des Tories au parlement, Jeremy Hunt a pris la décision d'utiliser la quasi-totalité de cette somme d'argent disponible.
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D'habitude, lorsque des revenus exceptionnels sont perçus, le chancelier de l'Echiquier en utilise environ 60%. Cependant, cette fois-ci, il a décidé d'utiliser la totalité de ces revenus, a observé Richard Hughes, le président de l'OBR.
Soutien à l'investissement
Le Royaume-Uni a mis l'accent sur les entreprises dans ce processus de relance. La mesure phare, évaluée à 9 milliards, vise à maintenir une déduction fiscale pour l'investissement privé. Jeremy Hunt affirme qu'il s'agit de la plus grande réduction d'impôts pour les entreprises de l'histoire moderne britannique.
En plus des 4,5 milliards de subventions déjà prévues pour soutenir l'industrie dans sa transition vers les voitures électriques et les avions à zéro émission, une réforme des avantages sociaux sera mise en place pour encourager le retour au travail et ainsi combattre les problèmes de pénurie de main-d'œuvre.
Augmentation du salaire minimum
Le gouvernement a communiqué aux ménages qu'il réduirait les cotisations sociales de 2 points, ce qui coûterait 10 milliards de livres aux finances publiques. De plus, le salaire minimum serait augmenté à 11,44 livres de l'heure et la pension d'État serait alignée sur la hausse des salaires, ce qui représente une augmentation de 8,5 %.
Charlotte Vere, secrétaire d'État au Trésor, a déclaré dans une interview aux « Echos » que ce paquet de mesures repose sur une politique économique axée sur l'offre, dans le but de soutenir la croissance à moyen terme. L'objectif est de réduire de manière responsable le poids des impôts. Selon l'OBR, ces réformes devraient stimuler la production de 0,3 % au cours des cinq prochaines années.
La part des taxes dans l'économie britannique va augmenter malgré tout. Cette situation paradoxale est due au fait que le barème de l'impôt sur le revenu reste gelé. Selon l'OBR, si ce gel persiste, près de 4 millions de ménages britanniques seront soumis à l'impôt d'ici 2028, et 3 millions passeront dans une tranche d'imposition supérieure. Les contribuables devront donc payer une facture totale de 45 milliards de livres.
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Une autre partie obscure de ce budget est que le plafond fixé pour l'augmentation des dépenses publiques est maintenu, même si l'inflation va exercer une forte pression sur le budget des ministères. Paul Johnson, le directeur de l'Institute for Fiscal Studies, considère que le "risque que ces projets ne puissent pas être réalisés" est "important" et que ces réductions d'impôts pourraient ne pas être "viables".
Selon Rachel Reeves, membre du Parti travailliste et responsable des finances publiques, les mesures annoncées aujourd'hui ne suffiront en aucun cas à compenser la crise du coût de la vie qui affecte les familles britanniques.
Ingrid Feuerstein (Journaliste basée à Londres)
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